Une cosmétique inspirée
Alors que la cosmétique bio affiche une croissance insolente de +18% les principaux acteurs éveillent la curiosité.
Il faut en effet reconnaître que le grand public découvre des marques jusqu'alors marginales, auréolées d'une aura écolo hippie bobo cool. Largement véhiculé par les "influenceurs" (Madonna pour ne citer qu'elle), l'effet de mode en fait aujourd'hui des marques "in" qui ont droit de cité sur les pages des plus grands magazines de mode.
Voilà donc qu'en y regardant d'un peu plus près on se dit qu'il ne sera pas si simple pour les géants de la cosmétique traditionnelle (L'Oréal pour ne citer que lui) de tirer profit de cet engouement.
Les leaders sur le segment bio, Weleda le suisse et Dr Haushka l'allemand, cultivent en effet une philosophie toute particulière, directement inspirée de l'anthroposophie, doctrine ésotérique de Rudolf Steiner visant à réconcilier l'homme et la nature.
A mi-chemin entre le boudhisme, le feng-shui, le yoga et autres..., cette doctrine est une approche globale de l'homme et de la nature dans leurs environnements respectifs. Des conditions de travail aux conditions de culture l'harmonie est en ligne de mire.
Alors que la cosmétique bio est justement portée par une sensibilité croissante aux problématiques environnementales et aux influences de l' interaction de l'homme avec son environnement, cette vision du "business" n'est-elle pas un bel exemple de cohérence? Un bel exemple certes, et peut-être même la clé du succès...
Source: Fashion Mag
Photos: Fiftiesweb ; Zen-Buddhismus



Il ne faut cependant pas inclure la cosmétique bio à l'ésotérisme et autres croyances surnaturelles qui ne sont que de vastes fumisteries reposant sur la croyance et non sur la science. Bien entendu, on trouvera toujours des exemples de guérison par l'homéopathie, mais aucun test en double aveugle n'a jamais été positif et la théorie de la mémoire de l'eau a été démontée des centaines de fois par les scientifiques. Les guérisons auraient eu lieu de la même manière en allant se confesser ou en écoutant le Requiem de Mozart tous les soirs. L'engouement pour les pseudo-sciences n'est que la réaction désespérée à une société inhumaine et matérialiste. Mais je m'égare... A mon sens, la cosmétique bio ne sera crédible et cohérente que lorsqu'elle s'inscrira dans une démarche scientifique : des principes actifs reconnus, des formulations objectives, des effets vérifiés, etc. La cohérence business-homme-environnement passe avant tout par quelques principes élémentaires : des produits naturels certes, mais dans le respect de l'écosystème (des espèces endémiques sont ravagées tous les jours) et dans le respect de l'être humain (combien de personnes exploitées en Afrique ou en Amérique du Sud pour cueillir les fleurs ou casser les noix qui serviront aux cosmétiques bio...) Mais ça, c'est beaucoup plus difficile (et coûteux) à vérifier et à mettre en oeuvre que d'affirmer que le produit est plus efficace s'il est utilisé les soirs de pleine lune ! Business is business...
Rédigé par: NAFHA | 09 janvier 2007 at 09:12
De manière plus terre à terre, la cosmétique bio apporte des réponses alternatives qui permettent de donner du sens à la consommation, et effectivement je pense que les consommateurs sont enclins à plus d'osmose avec leur environnement, à une forme de réalliance. Les gestes du quotidien sont l'une des entrées pour remettre en question ses pratiques et cela prend du temps
Rédigé par: laurence-aboneobio | 24 avril 2008 at 10:31